f Déborah LE BLOAS - Positive Planet France
Je donne donner pour la création d'entreprise
Ils créent

Déborah Le Bloas

Confkids

Je peux faire vivre, pleinement, mes valeurs au quotidien pour un sujet qui me semble capital. Je me sens à ma place et aux commandes.

SON HISTOIRE

Déborah, on veut connaitre ton histoire,
raconte-nous un peu qui tu es ?

“Punk-mum” de 3 enfants, très à cheval sur le libre arbitre et l’éducation ouverte, je vis exactement la vie dont j’ai rêvé. Une première partie de 20 à 35 passée à apprendre au plan pro et à développer un foyer au plan perso. Une seconde partie qui s’est amorcée avec une transition personnelle et professionnelle pour me mettre, moi-même et les compétences que j’ai développées, au service d’un monde plus durable.

Je suis une personne en mouvement permanent, dans ma tête déjà, et puis dans ma façon d’aborder la vie. Je passe beaucoup de temps à réfléchir, je ne suis pas une impulsive. En revanche, quand il est temps pour moi de me mettre en mouvement, je vais très vite, j’essaie, je rate, je recommence. Je fonctionne beaucoup par itération.

Par-dessus tout, je pense que chacun doit pouvoir penser librement. Même si c’est difficile à entendre, je suis davantage rassurée par quelqu’un qui pense des choses horribles mais qui lui appartiennent, qui se sont construites, et qui sait expliquer son cheminement, que par quelqu’un qui a le même avis que moi mais qui ne se l’est pas approprié. Je pense que c’est la base de toute société qui se veut durable. Je laisse une part très importante à l’intuition, c’est elle qui guide toutes mes décisions. Mais je valide ensuite opérationnellement tous mes choix. Comme on le dit parfois : l’intuition trouve, la science prouve. C’est un crédo. Et de manière générale, je tente toujours d’intégrer dans mes actions et mes choix une dimension intérêt général en plus de l’intérêt personnel. C’est une forme d’équilibre sans lequel je ne sais pas avancer.

 

 

SON PARCOURS

Quel a été ton parcours avant de te lancer
dans l’aventure entrepreneuriale ?

Mes parents ont immigré de Tunisie quand ils étaient adolescents, je suis née à Paris et j’y ai toujours vécu avec cette double culture. Je n’ai jamais manqué de rien, pas été gâtée non plus, on nous a appris la valeur des choses. On nous a appris aussi l’importance de garder sa culture et de la développer au contact des autres. Le mélange culturel est un fondamental de mon éducation.

Il n’y a pas vraiment un événement qui a changé ma vie. Je suis du genre à voir des opportunités dans toutes les situations, même les plus dures (on a chacun nos lots). Même s’il n’y a que 10 % à tirer d’une situation, je les prends. Et dans tous les cas, j’apprends. Comme disait Nelson Mandéla (un autre crédo) “Je ne perds jamais : soit je gagne, soit j’apprends.”

Pour quelle raison l’entreprise Confkids est-elle née ?

Parce que je n’avais pas d’autre choix, cette initiative n’existe nulle part. Je n’ai pas le profil entrepreneure, je préfère la sécurité du salariat mais ça c’est imposé.

 

 

SA CRÉATION D’ENTREPRISE

ALPHA 31 et Confkids, c’est quoi ?

Alpha 31 est le nom de mon entreprise, avec j’ai créé une marque nommée Confkids.

Avec Confkids, j’organise des conférences pour enfants à partir de 8 ans sur les sujets de transition sociale, économique et écologique. On fait appel aux mêmes intervenants que pour les conférences d’adultes sur le sujet, mais on leur demande d’adapter leur discours à hauteur d’enfants, dans le ton et le format (plus court). On n’enlève rien à la complexité des enjeux.

Les valeurs de mon entreprise sont les miennes. L’objectif est d’associer les nouvelles générations à la construction de l’avenir. On ne leur donne pas assez la parole, on n’échange pas assez avec eux, alors qu’ils sont porteurs d’une compréhension du monde très particulière puisqu’ils sont nés dans ces transitions. Ils ont des usages, une forme d’intelligence collective, des modes de pensée en système qui sont des facultés dont on a besoin pour penser les solutions aux enjeux du 21ème siècle. Nous devons parler avec eux.

En résumé, c’es associer la parole et la pensée des enfants du siècle aux solutions du siècle, leur donner la conscience de leur époque, la décrypter avec eux (et pas POUR eux).

Que nous réservez-vous toi et ton entreprise
dans un futur proche (ou pas) ?

Aucune idée. Je suis en phase avec mes valeurs et j’amène une solution à un besoin d’éducation réel. Donc je laisse venir les acteurs qui pourraient devenir des partenaires ou des clients demain.

De quoi as-tu besoin, aujourd’hui, pour développer ton entreprise ? 

De contacts en entreprise. Le modèle économique repose sur l’organisation de conférences en entreprise pour les enfants des collaborateurs. Je manque de points d’entrée. Donc je travaille ma visibilité pour émerger et augmenter ma notoriété, notamment via mes contenus.

A noter que toutes les conférences sont mises à disposition gratuitement sur internet.

 

 

VIE ENTREPRENEURIALE

Alors ? La vie d’entrepreneure c’est comment ?

Je gère mon temps comme je le veux ce qui est très pratique avec 3 enfants. Je peux travailler une nuit entière si j’ai une montée de créativité, ou ne rien faire pendant 3 jours si l’inspiration ne vient pas.

Je peux prendre les décisions qui me semblent les bonnes sans avoir à expliquer à qui que ce soit pourquoi, et surtout je peux faire vivre, pleinement, mes valeurs au quotidien pour un sujet qui me semble capital. Je me sens à ma place et aux commandes.

On sait que ce n’est pas toujours simple… Parle-nous des difficultés que
tu as surmontées en devenant une super entrepreneure :

La première contrainte qui me vient à l’esprit quand on parle d’entrepreneuriat, c’est vraiment la précarité. Mon conjoint est aussi entrepreneur et c’est donc une situation très risquée.

Concernant non parcours, il n’y avait personne sur mon créneau donc je n’ai pas eu d’opposition, uniquement de l’aide. Le sujet était très clair dans ma tête et relativement simple à mettre en place. Plutôt des difficultés que des obstacles : sur le plan administratif, c’est dur de s’y retrouver. J’ai décidé de faire appel à un avocat pour tout ce qui était structurant pour la suite : les statuts, les CGV par exemple.

Une story positive (ou un avantage particulier d’entrepreneure) à nous raconter ?

Il y en a mille. Mais l’une de celles qui m’a le plus émue c’est une réunion avec une amie d’ami qui n’avait jamais entendu parler de moi et qui m’a accordée 2h de son temps pour bien poser la dimension sociale de ma démarche, que je n’arrivais pas à formuler. Il faut compter sur la bienveillance des autres et la volonté de chacun de partager sa propre expérience, pour inspirer et encourager ceux qui se lancent. J’ai découvert que c’était bien plus répandu comme attitude que ce que je pensais. En tout cas, ça l’est quand on a une démarche d’intérêt général.

Et sinon, un avantage c’est la réactivité. On peut tout changer à tout moment si ça s’impose. Ça amène plus de perspective et de liberté que si j’étais salariée.

Si tu devais donner un/des conseil(s) à la personne qui souhaite se lancer ?

N’écoutez que vous ! Prenez les avis, sondez, interrogez les autres !

Mais si à la fin, votre boussole intérieure vous emmène ailleurs que dans la direction qu’on vous pointe, suivez votre instinct. A la fin, même si vous vous êtes trompé.e, vous saurez tirer quelque chose de cette décision parce qu’elle était la vôtre, elle s’inscrivait dans votre système de pensée, vous aurez toujours une opportunité de pivoter, parce que vous êtes en quelques sorte « chez vous », même si ce n’est pas dans votre pièce favorite.

Quand on se trompe à partir des décisions des autres, il ne nous reste plus rien sur quoi avancer.

Penses-tu qu’il soit plus difficile d’entreprendre en banlieue ?

En terme de philosophie, ma vision est qu’il est difficile de faire quoi que ce soit dès lors qu’on pense que c’est difficile. On crée notre réalité, c’est aussi vrai pour l’entrepreneuriat. Les outils, les avantages, les réseaux, les possibilités sont différentes partout. Mais le monde est rempli d’options.

Je pense qu’il faut partir de ce qu’on a, en regardant bien comment on peut le développer. Ne pas fantasmer en bien ou en mal sa situation (et bien sûr je ne parle pas de situations où on doit gérer des questions de survie au quotidien, ça c’est une autre dimension), mais être lucide sur les cartes qu’on a en main et jouer avec ça. Il y a mille façons de voir la même situation, le tout c’est de trouver sa façon à soi, ne pas nier d’où on vient, d’où on parle, en être fier et être attentif aux opportunités.

 

 

L’AVENTURE PPF

Un mot sur ton expérience avec Positive Planet France ?

C’est une écoute, un soutien, des encouragements. J’avais déjà beaucoup avancé sur mon projet quand j’ai rencontré Amélie, ma chargée d’accompagnement. J’avais avancé et j’étais en phase par rapport au type d’accompagnement que Positive Planet France proposait. Elle n’avait pas à disposition les éléments dont j’avais besoin (contacts, carnet d’adresse…), relatifs au réseau. Mais au lieu de capituler, elle m’a incitée à poursuivre nos entretiens et s’est adaptée à la situation. On discutait de façon très simple du projet, sans projeter de bénéfices particuliers, et ça a finalement ouvert des pistes auxquelles je n’avais pas songé. Comme par exemple faire un suivi régulier de mes actions. Basique, mais quand on a quelqu’un avec qui on sait qu’on va faire un point régulier du réalisé / à réaliser, ça oblige à un peu de reporting et c’était très nécessaire.

 

 

TON LEIMOTIV

L’avenir ne se prédit pas, il se prépare.

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