f ANNE LORIENT – Positive Planet France
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Tomber SDF, ça peut arriver à tout le monde. 

J’ai suivi des cours jusqu’à la 3ème. A 18 ans, je deviens SDF, et ceux jusqu’à ses 35 ans (soit pendant 17 ans). Je sors de la rue à mes 35 ans, enceinte de mon deuxième fils et accompagnée du premier, âgé de 2 ans et demi à ce moment-là, grâce à une association du 16ème arrondissement de Paris, la Halle Saint-Didier, qui me trouve mon logement actuel, dans le 18ème. Je témoigne de mon expérience de rue, avec toutes les complications que ça peut poser, et surtout toutes les étapes par lesquelles je suis passée : j’ai fait jeune fille de rue, puis maman de rue. »

Je prends 10 ans pour me reconstruire, grâce à ses enfants et la mise en place d’un suivi psychologique ; en 2016, je rencontre Minou Azoulai, une journaliste qui voulait réunir des femmes victimes de violences dans une expo photos. Je lui raconte mon parcours et Minou émet l’idée de me poser à l’écrit pour témoigner et sensibiliser. C’est ainsi que nous co-rédigons et sortons, la même année, « Mes années barbares », le récit autobiographique de mes années dans la rue.

C’est à partir de là que tout s’est « déclenché » : presse (Paris Match, Madame Figaro, Femmes Actuelles), radios (Europe 1, France Culture, RFI), et télés (CNEWS, C8) m’invitent à parler de mon ouvrage et de mon expérience. Je suis également sollicitée par des entreprises et des écoles pour faire des interventions, dans plusieurs villes de France. A propos du public scolaire, Je fais donc beaucoup d’écoles, de la maternelle jusque Sciences Po, la Sorbonne, ASSAS ; […] pour les maternelles, il faut simplifier, on dit ‘pourquoi des gens sont assis dehors sur les trottoirs ?’ ; mais dans tous les cas, dans toutes les écoles et à tous les niveaux, les professeurs préparent à l’avance, je débarque pas comme ça !

Je suis d’ailleurs bénévole dans beaucoup d’associations depuis 5 ans ; en commençant par celles d’aide aux devoirs et plus généralement qui concernent les enfants, que j’affectionne beaucoup ; puis, de plus en plus, celles d’aide, d’accompagnement et de sensibilisation aux sans-abris et aux violences faites aux femmes. Et justement, j’ai travaillé cette année en collaboration avec le directeur d’Entourage, Jean-Marc Potdevin, et une journaliste de La Croix, Lauriane Clément, sur l’écriture d’un « mode d’emploi sur ‘comment parler aux SDF ? comment aller plus loin que les préjugés ?’ », d’un ouvrage destiné donc à sensibiliser le grand public (« pour les différencier des sans-abris on les appelle riverains ») à la situation des sans-abris et aux actions potentielles que chacun pourrait mettre en place, en mettant l’accent sur le lien social et pas forcément sur l’aide au bien-être physique (logement, chaleur, nourriture). Le nom est « Humains dans la rue – Histoires d’amitiés avec ou sans abri ».

Cette notoriété s’est fait progressivement ; je ne m’y attendais pas, mais ça ne me dérange pas, c’est pour la cause des SDF, en particulier des femmes, qui subissent la violence, les règles, la fragilité dans la rue ; […] les sévices sexuels également, oui, mais il y aussi beaucoup d’hommes violés, c’est important de le mentionner car les gens pensent souvent que ce n’est pas le cas.

J’ai rencontré Youssef Balboul (Responsable d’antennes à Paris) à la Mairie du 17ème arrondissement à Paris. Aux fins d’être conférencière et rémunérée en tant que telle, il fallait que j’ai le statut d’auto-entrepreneure. Youssef  m’a donc accompagné tout au long des démarches en ce sens. J’ai d’ailleurs en Avril 2018, participé à un événement solidaire organisé par Positive Planet dans le cadre du programme « L’union fait la France », place de la République, dans l’objectif était de créer un Village Solidaire pour les sans-abris et les migrants.

L’avantage du statut d’auto-entrepreneure est à la fois la rémunération de son travail et le respect associé au statut, « ça m’a aidé à sortir du bénévolat pour rentrer dans la vie active » ; par contre l’URSSAF m’a donné maintes migraines, car on le sait tous, les démarches administratives ne sont jamais une partie de plaisir, surtout quand elles ne sont pas forcément facilitées par la structure.

Citation qui me motive : « Tomber SDF, ça peut arriver à tout le monde. »

N’hésitez pas à soutenir l’association Anne Lorient et les femmes SDF  ! 

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