f Nassera TAHANOUT - Positive Planet France
Je donne donner pour la création d'entreprise
Ils créent

TAHANOUT Nassera

MOOD YOUR BODY

HEALTHY FOOD
108 rue Lemercier 75017 Paris
06 26 48 60 71
nassera.tahanout@gmail.com
https://www.facebook.com/MoodYourBody/
Partager:
Retour aux témoignages

Ne jamais dire jamais

Nassera a suivi un bachelor en International Management à Cambridge. Celui lui a permis de noter la différence entre le système scolaire français et anglais : en France, on a cours tous les jours du lundi au vendredi, c’est « rempli de théorie et ils laissent très peu de place à la recherche ». En Angleterre, il y a 10 heures de cours maximum par semaine, tout le reste est consacré à la recherche et l’instruction personnelle : « Tu te fais toi-même ta propre expérience, il fallait présenter un projet entrepreneurial à chaque fin d’année, ça te permet de voir si t’as les appétences pour être chef d’entreprise ».

Elle est brièvement revenue en France pour poursuivre des études juridiques mais sans « background », on lui a refusé. A l’inverse, à Cambridge, « c’est plutôt vu comme courageux, pour une personne qui n’a aucun background juridique, de vouloir étudier les articles de droit et apporter sa pierre à l’édifice ; là-bas on ne me ferme pas les portes » ; elle y est donc retournée pour suivre un master en Droit des Affaires Internationales.

Après un an de master 2, elle est revenue en France sans trop savoir ce qu’elle allait faire. Une amie lui a parlé d’ « Erasmus pour les jeunes entrepreneurs », programme grâce auquel elle est partie aux îles Canaries, où elle a travaillé comme Marketing Executive pour une chocolaterie. Elle « tombe amoureuse du chocolat », à tel point que son contrat est rallongé jusqu’à atteindre un an. Elle y a appris le métier de gestion de la boutique : elle était sur une île, en pleine crise, les boutiques fermaient au fur et à mesure dans le quartier, à une vitesse effrayante. Elle s’est donc trouvée face à un challenge, endurci par l’attitude du chef d’entreprise, avec qui elle a dû « batailler pour lui faire avaler [ses] idées ». Au bout d’un an, elle est partie sur une note positive et satisfaite de ce qu’elle avait pu apporter : grâce aux innovations apportées par Nassera, il a ouvert 2 autres boutiques après son départ.

Revenue en France, Nassera désire apprendre le métier de chocolatier à travers un CAP chocolatier-confiseur. Elle lâche donc les boutiques pour se retrouver dans un labo à suivre une formation adulte de 6 mois. « Tout le monde est à égalité, c’était un peu Masterchef, il fallait faire tant de produits en tant d’heure, apprendre comment les travailler… J’avais vraiment une vue à 360° du métier, et je me suis dit que j’aimerai bien lancer quelque chose là-dedans ». Après sa formation, elle voulait travailler dans le domaine du chocolat mais se faisait « rembarrer » à cause du manque d’expérience. Elle rempile donc sur un master en audit interne, en France, suite auquel elle travaille pendant 2 ans avec le Crédit Agricole. « C’était pas forcément un métier très sexy, j’ai pas du tout aimé ; surtout qu’à l’étranger le métier d’auditeur interne c’est plus diversifié : tu vérifies les choses, mais tu vas aussi aider un département à mettre en place toutes tes recommandations ; en France, on recommande, puis on s‘arrête là. C’est ni créatif, ni stimulant. »

Après ça, elle part aux Emirats Arabes pour gérer une agence digitale : elle s’occupait des réseaux sociaux, des clients et leurs besoins (site internet, visibilité digitale…) ; c’était encore nouveau pour elle, elle se formait sur le terrain, et encore dans un autre pays : « C’est pas parce que t’es arabe que a va ê plus facile ; même si tu parles la langue, ou l’anglais, que tu sais faire des choses. T’as tout à prouver et apprendre à nouveau. Et ça allait très vite […] T’apprenais un truc le jour même, 2 jours après c’était obsolète. » A tel point qu’elle s’est retrouvée dépassée par les échéances à un moment donné, d’autant qu’elle n’avait donc pas le temps non plus de prendre du recul sur ce qu’elle faisait, ce qui la frustrait.

Lors de son année de master en audit, Nassera avait déjà l’idée d’un projet, mais elle voulait gagner de l’expérience avant de commencer à le mettre en place.En 2015, elle revient des Emirats en France et se demande quelle sera la suite. Un sujet qui revenait souvent pour elle était ses intolérances alimentaires, au lactose et au gluten. Le projet de chocolaterie était voué à se concrétiser mais elle se dit qu’elle sera amenée à manipuler au quotidien du lait et d’autres matières qu’elle ne peut consommer. Elle se dit « je ne dois pas être la seule, en plus ces produits-là sont très chers, peu importe le pays ». Elle fait donc des recherches et constate qu’il existe une vraie demande concernant ces contraintes : « y’a pas beaucoup d’offres, surtout au niveau des plats, ou alors c’est cher… Alors j’ai voulu faire bifurquer mon projet pour proposer quelque chose de plus sain, surtout qu’aux Emirats tout est très sucré, ce qui m’avait donné une overdose, voire un dégoût ».

« Je voulais proposer quelque chose qui soit saint, qui soit bon pour la santé, et qui corresponde aux besoins non seulement des intolérants et allergiques, mais aussi d’autres personnes qui ont juste envie de manger sain ; et que ça reste bon ! » Pour ça, il lui a fallu expérimenter et retravailler toutes les recettes pour faire des gâteaux qui ne contiennent ni gluten ni lactose, par exemple ; c’est une innovation de taille car il n’existe pas de recette pour ça ! De plus, Nassera voulait que le coût soit moindre, puisque le prix élevé de ce genre de produits « spécialisés » était un élément dont elle-même et tous ceux avec qui elle en a parlé se plaignaient. Elle commence par le marché des boissons en s’apercevant qu’il a « explosé », et que les gens ont profité de ce filon pour vendre « un peu tout et n’importe quoi ». Elle a pu le voir de ses propres yeux lorsqu’elle s’est rendue au Salon Marjolaine (salon bio/produits healthy, sans gluten) en région parisienne, et qu’elle a observé les gens avoir le réflexe du « bras long », en quelque sorte, c’est-à-dire qu’ils brassent tout ce qu’on leur propose et consomment tout ce qui porte l’étiquette healthy. « Sauf qu’au bout de 2-3 mois, finalement, on jette le produit car il ne convient pas. »

Elle tient donc à proposer un produit adapté à la personne, en prenant en compte les contraintes alimentaires, une petite bourse, et le bien-être du corps ; à travers une (future) gamme de snacks en ligne, qui pourrait si possible ne contenir aucun des 14 allergènes listés a ce jour (œufs, poissons, arachides, soja, lait, fruits à coque, céleri, moutarde, graines de sésame, anhydride sulfureux et sulfites, graines de lupin, mollusques, céréales contenant du gluten, et crustacés). Elle tient aussi à faire de la prévention à travers des (futurs) ateliers, co-animés par sa naturopathe : « on ne sait pas forcément qu’on est allergiques, et on peut le devenir du jour au lendemain. C’est bien sur dangereux car mortel : par exemple, une personne est morte en Angleterre il y a 2 mois car elle avait mangé un sandwich avec du sésame, auquel elle ignorait qu’elle était allergique. Pareil pour l’hygiène, il faut apprendre comment réorganiser sa maison pour que les produits allergènes ne fassent pas de « traces ». »

L’avantage d’être entrepreneure pour Nassera, c’est qu’elle attendait d’entreprendre depuis des années, et qu’elle le fait aujourd’hui dans domaine lié à son vécu et de plus en plus traité : « J’atteins un rêve, et ça parle d’une histoire que j’ai créée. » Par contre, le doute, la peur et le stress font partie de ses contraintes quotidiennes : « est-ce que ça va plaire ? est-ce que quelqu’un d’autre va copier et faire mieux ? est-ce que je vais réussir à tirer toutes les ficelles seules ? »

Le conseil que je donnerai à une personne qui souhaite entreprendre : Premièrement, de bien s’entourer : « Beaucoup de gens vont te faire payer des services que tu peux trouver gratuits autre part ; il ne faut pas hésiter à rencontrer 30 personnes avant de prendre une décision ; et se poser des limites quand on en parle pour ne pas être recopiée. »Ensuite, toujours se poser des questions : « Tant que y’a le « pourquoi », il faut prendre le temps ; je porte mon projet depuis des années et je continue à faire des recherches, et je continuerai à me poser des questions même quand j’aurai créé ». Il faut se remettre en question et prendre du recul, de manière à prendre les bonnes décisions.

De plus, Nassera conseille d’aller voir des domaines qui n’ont rien à voir avec celui de son projet, car « tout est bon à prendre. » Enfin faites des erreurs ! : « En France c’est très mal vu, on associe erreur à échec ; alors qu’une erreur permet d’apprendre et de rebondir ».

Au printemps 2018 , Nassera rencontre Charmelle (une ancienne porteuse de projets chez PPF Paris) à HEC lors d’un programme, qui devait potentiellement lancer le projet de Nassera. Ça n’a pas fonctionné, alors Charmelle lui conseille de contacter Positive Planet France. Elle rencontre Karim, qui l’accompagne depuis quelques mois. A l’arrivée chez Positive Planet France Paris 18, Karim lui fait tout reprendre à zéro, afin d’avoir les idées plus claires. Nassera retravaille donc le projet, refait « les bonnes recherches », rédige la bonne matrice… Elle se laisse guider par Karim et « c’était pas plus mal : on y est allés étape par étape, jusqu’à définir précisément le projet ; ça m’a permis de bien structurer mon travail, bien cibler ; on prend le temps d’aller dans la réflexion, d’étudier les problématiques et les possibilités avant d’arriver à une certitude. C’est à la fois un challenge pour moi et une pression en moins que de faire les choses étape par étape. »

Pour le site d’e-commerce, il est encore en construction : Nassera suit une formation de développeur web avec OpenClassroom pour espérer présenter une première version du site en janvier 2019.Elle souhaite d’abord lancer les ateliers avec la naturopathe, à partir de janvier également, mais elle est encore dans l’étude des tarifs et la prévision de tests pour déterminer si le contenu des ateliers rentre bien dans les besoins des gens et que la somme proposée soit correcte : « Dans ce genre d’atelier, les gens parlent ; ça va me permettre de connaître au plus près les besoins des gens […] c’est mon étude de marché gratuite ! ça va me permettre d’étoffer la gamme de produits que je voudrai proposer pour la partie e-commerce ; d’autant  ça a un coût de produire, on n’a pas toujours les fonds, donc il faut d’abord attirer, fonder et fidéliser une communauté »

Citations :

  • « Ne jamais dire jamais »
  • « The more you dare, the more you care »
  • « Il vaut mieux ne faire qu’un pas en avant, que dix en arrière. »
Découvrez aussi